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Déguerpissements à Yopougon Gesco : Les victimes réclament leur relogement et une réparation intégrale.
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Déguerpissements à Yopougon Gesco : Les victimes réclament leur relogement et une réparation intégrale.

Par kouassi yohan 20/10/2026 11:28 4 min de lecture

Le Collectif des victimes des déguerpissements de Yopougon Gesco salue une avancée judiciaire dans la procédure engagée contre le District autonome d’Abidjan. Par la voix de sa porte-parole, Rose Koné, le Collectif exige une expertise immobilière contradictoire, l’indemnisation des sinistrés et leur relogement sur leurs sites d’origine. Partagez.

Le Collectif des victimes des déguerpissements de Yopougon Gesco hausse le ton. Les familles sinistrées de Cité Éden, des quartiers dits des « Pays-Bas » et des zones environnantes réclament justice et réparation après la destruction de leurs habitations. C'est ce qui ressort d'un communiqué de presse rendu publique ce 19 octobre 2026. La porte-parole, Rose Koné, a salué une avancée dans la procédure judiciaire engagée contre le District autonome d’Abidjan, tout en réitérant les exigences des populations affectées.


Une expertise immobilière attendue

Selon le Collectif, les opérations de déguerpissement menées en février dernier ont entraîné la destruction de près de 250 maisons, plongeant autant de familles dans une situation de précarité. Les victimes dénoncent notamment l’absence de préavis suffisant et de concertation préalable, ainsi que la perte de leurs biens, de leurs commerces et de leurs principales sources de revenus.


« Aucune famille n’a été relogée. Aucune solution durable n’a été proposée », déplore Rose Koné, rappelant que les autorités avaient annoncé des mesures de relogement et l’ouverture d’une enquête après les démolitions. Les pistes évoquées à Songon et à Ebimpé n’auraient, selon elle, débouché sur aucune solution concrète.


Pour faire valoir leurs droits, les victimes ont saisi le tribunal de première instance de Yopougon, accusant le District autonome d’Abidjan d’abus de pouvoir et d’autorité. Après une audience tenue le 30 juillet 2026, le dossier a été transmis au ministère public pour avis. D’après la déclaration du Collectif, le ministère public a estimé nécessaire de procéder à une expertise immobilière contradictoire portant sur les biens détruits à Cité Éden, dans les quartiers des « Pays-Bas » et dans les autres secteurs touchés de Yopougon Gesco. Cette démarche doit permettre d’évaluer objectivement l’étendue des dommages subis par les victimes.


Le Collectif considère cette orientation comme une avancée importante dans sa quête de justice. Il demande que l’expertise soit réalisée sans délai, dans la transparence et sans exclusion de biens, afin de servir de base à une réparation juste et intégrale des préjudices matériels et moraux.

Les titres fonciers au cœur des revendications

Au-delà de l’indemnisation, les victimes entendent faire reconnaître leurs droits fonciers. Rose Koné affirme que les habitants disposent de documents administratifs, notamment des arrêtés de concession définitive (ACD) et des titres fonciers, attestant, selon eux, de la légitimité de leur occupation des parcelles concernées.

Le Collectif réclame ainsi la préservation de ces droits et le retour des familles sur leurs sites d’origine. À défaut, il demande la reconstruction de logements modernes et dignes, à la hauteur des biens détruits. Il appelle également le président de la République et les autorités compétentes à prendre des mesures concrètes pour accélérer le relogement des sinistrés. Les victimes souhaitent par ailleurs bénéficier d’une assistance d’urgence dans l’attente de l’issue définitive de la procédure judiciaire.


Un appel au respect des droits des populations

Rose Koné établit un parallèle avec la situation des populations de Koumassi-Campement, qu’elle estime confrontées à des difficultés similaires de relogement. Pour le Collectif, ces situations soulignent la nécessité de mieux protéger les populations vulnérables lors des opérations d’aménagement urbain. En conséquence, il demande au District autonome d’Abidjan d’assumer ses responsabilités, de réparer les préjudices et de privilégier des solutions concrètes plutôt que des engagements sans suite.


Obtenir la restitution des parcelles, une indemnisation à la hauteur des pertes et un relogement respectueux de la dignité des familles

Tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre son combat par les voies légales, le Collectif appelle les habitants de Gesco à rester mobilisés et unis. Son objectif, insiste la porte-parole, est d’obtenir la restitution des parcelles, une indemnisation à la hauteur des pertes et un relogement respectueux de la dignité des familles. Pour les sinistrés, le développement urbain ne saurait se faire au détriment des droits des citoyens. Ils attendent désormais que la procédure judiciaire permette de clarifier les responsabilités et d’ouvrir la voie à une solution durable.

 

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