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Cote d'ivoire : Tout comprendre à la guerre contre l'orpaillage clandestin en Côte d'Ivoire.
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Cote d'ivoire : Tout comprendre à la guerre contre l'orpaillage clandestin en Côte d'Ivoire.

Par Doumbia Mariam 18/08/2026 12:45 3 min de lecture

Face au péril écologique et sécuritaire qui menace l'économie rurale, l'État de Côte d'Ivoire a engagé une offensive d’envergure contre l’orpaillage clandestin. Si le terme est sur toutes les lèvres, ses mécanismes et ses impacts réels restent souvent méconnus du grand public.

En Côte d'Ivoire, l'extraction de l'or est strictement régie par le Code Minier. L'orpaillage en soi n'est pas illégal s'il est pratiqué de manière artisanale avec une autorisation officielle du ministère des Mines.


En revanche, l’orpaillage devient clandestin ou illégal lorsque des individus extraient le minerai sans aucun titre légal, hors de tout contrôle fiscal, et au mépris total des normes environnementales. Attirés par la hausse des cours mondiaux de l'or, ces réseaux opèrent clandestinement dans les forêts et à proximité des cours d'eau.


Pour endiguer ce fléau, le gouvernement applique une stratégie d'asphyxie logistique menée sur le terrain par le Groupement Spécial de Lutte contre l’Orpaillage Illégal (GS-LOI). Sous la direction du Général de Corps d'Armée Alexandre Apalo Touré, les forces de l'ordre ciblent directement l'outil de production des réseaux criminels.


Un rapport de la Gendarmerie Nationale publié le lundi 17 août 2026 illustre cette accélération. Rien qu’entre le 1er janvier et le 31 juillet 2026, les opérations ont permis de :


  • - Déguerpir 1 114 sites clandestins supplémentaires.

  • - Interpeller 1 531 individus.

  • - Détruire 16 200 abris de fortune servant de bases arrière.

  • - Saisir 5 845 concasseurs et 6 142 motopompes.


Au total, le bilan consolidé par le Conseil National de Sécurité (CNS) fait état de la saisie de plus de 960 millions de FCFA en espèces et d’environ 136 kilogrammes d’or brut.


L'impact de l'orpaillage clandestin dépasse largement le cadre de la simple contrebande. Il représente une menace directe sur trois fronts majeurs : sanitaire, agricole et sécuritaire.


  • Sur le plan sanitaire, les orpailleurs clandestins utilisent massivement du mercure et du cyanure pour séparer l'or de la roche. Ces produits toxiques se déversent dans les cours d'eau majeurs, notamment les fleuves Bandama et Nawa. Les rapports institutionnels alertent sur des crises de santé publique aiguës, incluant des risques de troubles neurologiques, des maladies rénales et une contamination globale de la chaîne alimentaire.


  • Sur le plan agricole, l’infiltration des orpailleurs détruit des milliers d'hectares de terres agricoles fertiles. Cette dégradation menace directement la production nationale de cacao, pilier de l'économie ivoirienne, ainsi que la sécurité alimentaire des populations rurales.


  • Au plan sécuritaire, Ces zones de non-droit échappent à l'autorité de l'État et favorisent le développement de réseaux criminels interconnectés.


L'approche des autorités ne se limite pas à la répression militaire. Pour tarir le recrutement des réseaux clandestins, l'État déploie des solutions économiques alternatives via la régularisation et la formation. 


A travers la  régularisation l'État encourage la transition vers des coopératives légales, Via le Syndicat National des Agriculteurs Miniers (SYNAMI). 


Par la formation, le déploiement d'écoles-chantiers vise à enseigner aux artisans locaux des techniques d’extraction légales, traçables et respectueuses de l’environnement.

 

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