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Inauguration de l’usine Beta Veg Oil: Bouaké accueille la plus grande unité d'extraction par solvant de karité et de soja en Côte d'Ivoire.
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Inauguration de l’usine Beta Veg Oil: Bouaké accueille la plus grande unité d'extraction par solvant de karité et de soja en Côte d'Ivoire.

Par Kouassi Yohan 13/10/2026 12:51 5 min de lecture

Le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, par ailleurs maire de la commune de Bouaké, a présidé, le lundi 12 octobre 2026, à Kongodékro, la cérémonie d’ouverture officielle de l’usine Beta Veg Oil, une unité de transformation de karité et de soja.

Il avait à ses côtés Bruno Nabagné Koné, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières ; Ibrahim Kalil Konaté, ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat ; le corps préfectoral ; les élus ; les chefs traditionnels et religieux ; les forces de défense et de sécurité, ainsi que les coopératives de femmes productrices.

« Si nous sommes réunis ici ce matin, ce n’est pas pour inaugurer de simples bâtiments. Nous célébrons une vision, celle du Président Alassane Ouattara, inscrite dans le Plan national de développement (Pnd) 2026-2030 : une Côte d’Ivoire qui transforme ses matières premières sur place pour créer de la valeur ajoutée et des emplois décents », a déclaré Amadou Koné. Il a souligné que la capacité de transformation de cette unité fera désormais de Bouaké la capitale du karité et du soja en Côte d’Ivoire.

Pour le maire, ce projet offre 450 emplois directs aux jeunes de Bouaké, plus de 400 000 emplois indirects, notamment aux femmes collectrices de karité de Djébonoua, de Diabo et de Botro, ainsi qu’aux producteurs de soja de la région de Gbêkê. Il prévoit également un programme d’accompagnement de 30 000 femmes réparties dans huit zones de production.

Ce programme comprend un préfinancement destiné à faire face aux dépenses urgentes du foyer, notamment la scolarisation des enfants et les soins de santé. Cet appui porte sur 5 000 tonnes, à raison de 270 000 Fcfa la tonne, soit un montant total de 1,35 milliard de Fcfa.

« Je sais que beaucoup de régions faisaient les yeux doux pour recevoir cette usine, mais vous avez choisi Bouaké. Vous avez bien fait », a-t-il lancé à l’endroit des promoteurs. Il a salué les pionniers de l’industrialisation de Kongodékro, autour desquels d’autres unités sont déjà en train d’éclore.

Pour Amadou Koné, cette usine traduit une promesse d’embauche tenue et marque un nouveau pacte social entre les populations et leur conseil municipal. Il a rappelé ses ambitions pour 2030 : transformer 50 % de la production agricole régionale, créer plus de 10 000 emplois industriels directs, notamment grâce à une zone logistique et industrielle dont les études sont achevées, et faire de Bouaké un hub entre Abidjan et l’hinterland. Il a également annoncé que la deuxième phase d’extension de l’usine devrait démarrer en décembre.

Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Ibrahim Kalil Konaté, a salué l’engagement du maire, qui a accompagné le projet depuis la pose de la première pierre. En 2011, a-t-il indiqué, la transformation locale du cacao atteignait à peine 5 à 10 %. Elle s’établit aujourd’hui à 46 % pour le cacao et à 43 % pour la noix de cajou. Grâce à Beta Veg Oil, le taux de transformation du karité devrait avoisiner 30 %, puis atteindre 50 à 60 % au cours des cinq prochaines années.

La filière karité mobilise plus de 400 000 femmes et peut représenter jusqu’à 40 % de leurs revenus. Pourtant, plus de 60 % de la production est encore exportée sous forme d’amandes brutes. Le gouvernement vise une croissance de 7 % et entend porter la part de l’industrie dans le Pib de 22,7 % en 2025 à 30 % en 2030.

Pour atteindre ces objectifs, le ministre a annoncé la création prochaine d’un fonds de soutien aux Pme et aux entreprises de taille intermédiaire, ainsi que l’implantation de sociétés agro-industrielles dans les 31 régions du pays.

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a également salué cette initiative. Selon lui, l’agriculture ne peut plus se limiter à produire des matières premières. Elle doit devenir le point de départ de chaînes de valeur intégrées. « Il nous faut produire davantage, transformer davantage et il nous faut créer davantage de richesses sur le sol de notre pays, en particulier dans les bassins de production », a-t-il martelé.

Selon lui, en 2025, la Côte d’Ivoire a produit environ 60 000 tonnes d’amandes de karité et exporté près de 4 400 tonnes de beurre vers neuf pays d’Asie, d’Amérique et d’Europe. La production de soja a atteint environ 30 000 tonnes, tandis que sa transformation locale reste marginale. L’usine de Kongodékro peut traiter chaque jour 200 tonnes de karité et 300 tonnes de soja.

Il a plaidé pour une juste rémunération des femmes. « Le moment est venu de faire du karité véritablement l’or des femmes », a exhorté Bruno Nabagné Koné, encourageant Beta Veg Oil à nouer des partenariats avec les coopératives féminines, fondés sur la transparence et une rémunération décente.

Les promoteurs de Beta Veg Oil, Mounir Fakry et Pierre Ali, ont ensuite présenté leur outil industriel comme l’aboutissement d’une vision et la concrétisation d’une promesse. Avec une capacité de traitement de 70 000 tonnes de matières premières par an, Beta Veg Oil devient la plus grande unité d’extraction par solvant de karité et de soja en Côte d’Ivoire. Elle se positionne également parmi les acteurs majeurs de la première transformation en Afrique de l’Ouest.

L’usine produit déjà du beurre de karité. Elle produira bientôt de l’huile de soja raffinée et des tourteaux destinés à l’alimentation animale.

L’entreprise revendique trois valeurs : la qualité, l’engagement et la confiance. Elle ambitionne également de devenir la première unité d’extraction neutre en carbone du pays. Mais c’est sur l’impact social que les promoteurs ont le plus insisté. Près de 400 000 femmes collectrices devraient trouver, grâce à l’usine, « un débouché stable et pérenne », qui renforcera « leur revenu, leur autonomie et leur dignité ».
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