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A quelles conditions, un Etat obtient-il la certification d'une raffinerie d'or auprès de Londres ?
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A quelles conditions, un Etat obtient-il la certification d'une raffinerie d'or auprès de Londres ?

Par kouassi yohan 26/10/2026 11:17 5 min de lecture

Pour toute certification sur l’or, la LBMA (London Bullion Market Association) est le référent mondial et le passage obligé. Sans figurer sur sa Good Delivery List, l'or produit localement doit être refondu à l'étranger, ce qui entraînera des pertes de revenus et une dépendance aux raffineries suisses ou sud-africaines.

De toute évidence, il n’y a pas de cadeau à faire à la LBMA. Les critères d'admission sont drastiques et il faut plusieurs cages à cocher soit 5 ans d'existence, 3 ans d'activité, une production de 10 tonnes d'or par an, une valeur nette de 15 millions de livres sterling et une pureté de 99,5 %.


L’admissibilité

Le Ghana mène la danse en Afrique de l'Ouest via le GoldBod. Le pays sécurise 30 % de sa production pour alimenter ses raffineries locales et vise une accréditation LBMA d'ici 2030. La Guinée suit de près. L'État joue un rôle de régulateur et de facilitateur. En créant des comptoirs nationaux pour tracer l'or artisanal et en interdisant l'exportation de minerai brut, les gouvernements forcent la transformation locale. La traçabilité physique est absolue. Chaque lingot reçoit un numéro de série unique et inaltérable (gravé au laser ou à la presse), consigné dans un registre et lié à un certificat d'authenticité pour parer à toute contrefaçon.


Pourquoi l'Afrique de l'Ouest doit absolument séduire la LBMA

L'Afrique de l'Ouest regorge d'or, mais la véritable bataille se joue désormais en aval de la chaîne de production. De la Guinée au Ghana, en passant par le Burkina Faso, le Mali et la Côte d'Ivoire, les États multiplient les initiatives pour transformer localement le métal jaune. Pourtant, construire une usine ne suffit plus. Pour exister sur le marché mondial et vendre sans décote, il faut obtenir la bénédiction d'une institution quasi-mythique : la London Bullion Market Association (LBMA).


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Force est de constater que le métal jaune ne s'échange pas comme n'importe quelle marchandise. Pour qu'une raffinerie nationale puisse écouler ses lingots sur le marché international, elle doit figurer sur la prestigieuse Good Delivery List de la LBMA. Sans ce passeport commercial, un pays peut produire de l'or d'une pureté irréprochable, il devra tout de même le faire refondre par une raffinerie accréditée avant de pouvoir le vendre aux grandes banques ou aux banques centrales.


Le Saint Graal de la City

La LBMA n’est pas une bourse classique. C'est l'autorité mondiale qui dicte les normes du marché de gros des métaux précieux. Comme le souligne le document de référence, son label est indispensable pour que les lingots soient « librement vendus sur le marché mondial sans décote ». Aujourd'hui, l'Afrique reste très peu représentée dans ce club très fermé. La Rand Refinery, en Afrique du Sud, est le seul raffineur d'or approuvé par la LBMA sur le continent.


Un numéro de série sorti d'un atelier n'est jamais réutilisé, même si le lingot est perdu, volé ou refondu plus tard

Conscient de cet enjeu, le Ghana, premier producteur africain, a pris les devants. Le GoldBod a récemment conclu un accord pour acheter 30 % de la production des grandes compagnies minières du pays, avec l’ambition d’obtenir l'accréditation LBMA pour au moins une raffinerie locale d'ici 2030. De son côté, la Guinée prévoit la mise en service de sa première raffinerie, devançant ainsi le Burkina Faso et le Mali.


Des exigences techniques et financières draconiennes

Pour entrer dans ce cercle très restreint, les candidats doivent répondre à des critères d'une rare exigence. Le document précise qu'une raffinerie doit exister depuis au moins 5 ans et justifier de 3 ans d'activité effective. La capacité de production annuelle ne doit pas être inférieure à 10 tonnes d'or. Sur le plan financier, le nerf de la guerre est conséquent : il faut posséder une valeur nette tangible d'au moins 15 millions de livres sterling (environ 20 millions de dollars). Sans oublier l'aspect technique qui est de produire des lingots d'un titre minimal de 995 pour mille et disposer d'un laboratoire d'analyse hautement qualifié, testé régulièrement par la LBMA elle-même.


Le rôle clé de l'État et la traçabilité

Un État n'accrédite pas directement une raffinerie, mais il est le chef d'orchestre indispensable. « L'État intervient généralement à travers plusieurs leviers juridiques et opérationnels », rappelle le texte. Pour garantir l'origine légale de l'or et éviter le blanchiment, les gouvernements structurent l'achat via des comptoirs nationaux officiels. Certains pays, comme la Guinée ou le Burkina Faso, n'hésitent plus à légiférer pour interdire l'exportation d'or brut, obligeant les miniers à alimenter les usines locales. L'autre défi majeur réside dans l'application du Responsible Gold Guidance, un référentiel strict contre le financement des conflits et les violations des droits humains, qui impose un audit indépendant sur douze mois.


L'immatriculation : L'empreinte digitale du lingot

Une fois l'or raffiné, la question de la traçabilité physique devient cruciale. Comment s'assure-t-on qu'un lingot n'est pas une contrefaçon ? Tout commence par l'immatriculation. Sur les productions industrielles, le marquage (numéro de série, logo du fondeur, poids, pureté) est appliqué mécaniquement via une presse hydraulique ou un laser. Les règles sont intransigeantes. « Un numéro de série sorti d'un atelier n'est jamais réutilisé, même si le lingot est perdu, volé ou refondu plus tard ». Chaque pièce est consignée dans un registre d'atelier officiel. C'est ce recoupement minutieux entre le numéro gravé sur le métal, l'inscription au registre et le certificat d'authenticité qui garantit la valeur inestimable du lingot sur les marchés mondiaux.

 

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