Hôtels et maquis en Côte d'Ivoire : Caméras, tarifs, chambres... ce que la loi autorise vraiment.
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Hôtels et maquis en Côte d'Ivoire : Caméras, tarifs, chambres... ce que la loi autorise vraiment.

Par kouassi yohan 05/11/2026 15:46 5 min de lecture

De prime à bord, aucun texte n'interdit à deux personnes du même sexe de partager une chambre en Côte d’Ivoire. Les règles des hôtels doivent respecter la loi. La capacité des chambres dépend du contrat souscrit. Les caméras sont recommandées dans les espaces communs, jamais dans les chambres. L'accès aux images est strictement réservé aux enquêteurs munis d'une autorisation du procureur.

Toute personne se déplaçant hors de son lieu de résidence habituelle pour moins de 12 mois, sans motif rémunéré. Un journaliste en reportage n'est donc pas un touriste, sauf s'il prolonge pour le loisir. Les prix sont justifiés par le classement (étoiles) et les équipements, auxquels s'ajoutent la localisation et la demande. Les fausses déclarations sur le classement sont passibles de sanctions administratives. Le Fonds de Développement du Tourisme (BNI) soutient les projets. Les mairies sont responsables des sites locaux, l'État du patrimoine national. Les hôtels classés doivent disposer d'énergies alternatives.


Un journaliste qui part en reportage à San Pedro n'est pas un touriste

Devant les techniciens de la direction des affaires juridiques et du contentieux (DAJC) du ministère du Tourisme et des Loisirs, les journalistes avides de réponses. Face à eux, les responsables de la DAJC ont tenu une table ronde pour lever les zones d'ombre sur un secteur en pleine mutation. Les échanges ont balayé le large spectre de la définition du touriste aux règles d'hébergement, en passant par la sécurité, les tarifs et le fonds de développement. 

La surprenante définition du touriste

Première incompréhension levée. Qui est véritablement un touriste ? La loi est claire. « Le touriste, c'est celui qui se déplace de son lieu de résidence habituelle pour une période n'excédant pas 12 mois, et dont le motif principal de visite est autre que celui d'exercer une activité rémunérée », a rappelé le représentant du ministère. Autrement dit, un journaliste qui part en reportage à San Pedro n'est pas un touriste. En revanche, s'il prolonge son séjour d'un ou deux jours pour visiter, il bascule dans la catégorie. La nuance essentielle pour les statistiques et les politiques publiques.


Chambres d'hôtel : La fin des tabous

La question de la capacité des chambres et des couples non mariés a fait mouche. Sur la présence de deux personnes du même sexe, le ministère a tranché : « Aucun texte n'interdit de louer deux personnes du même sexe dans une chambre d'hôtel. » L'officiel a toutefois reconnu une réalité culturelle : certains établissements imposent des règles via leur règlement intérieur. Mais attention, prévient-il, ce règlement « ne doit pas être contraire à la loi ». Concernant la capacité, tout dépend du contrat. Si vous réservez une chambre à un lit et arrivez à trois, l'opérateur est en droit de refuser. La bienveillance reste toutefois de mise en cas de force majeure, comme une mission tardive et un budget serré.


Seul le procureur de la République, via une instruction, autorise les officiers de police judiciaire à consulter les données

Interpellé sur les tarifs jugés élevés, le ministère a justifié la politique des prix. « Les deux critères techniques sont le classement et les équipements. S'y ajoutent des éléments subjectifs comme la localisation et la demande. » Pour les hôtels étoilés, le classement est obligatoire, attesté par un panonceau délivré par l'État. Gare aux fausses publicités : les sanctions administratives peuvent aller jusqu'au retrait de l'autorisation d'exploiter.


Caméras, sécurité et protection des données

Le sujet est sensible. Le ministère recommande vivement l'installation de caméras de surveillance dans les espaces communs (entrée, réception) pour lutter contre la criminalité. « Mais en aucun cas dans les chambres. Il y a la vie privée à respecter », a martelé le représentant. Et pour éviter les dérives, l'accès aux images est strictement encadré. « Seul le procureur de la République, via une instruction, autorise les officiers de police judiciaire à consulter les données ». Toute diffusion non autorisée tombe sous le coup de la loi pénale. Par ailleurs, face aux coupures d'électricité intempestives, les hôtels classés sont tenus de disposer de sources d'énergie alternatives, comme des groupes électrogènes.


Sites touristiques et fonds de développement

Enfin, la question de l'entretien des sites et du financement a été abordée. Le ministère a rappelé le principe de la décentralisation : les mairies ont compétence pour développer les sites locaux, tandis que l'État gère le patrimoine national. Pour soutenir les opérateurs privés, le Fonds de Développement du Tourisme, logé à la BNI, offre des financements. « L'État demande aux opérateurs de se mettre ensemble en association pour faciliter l'accès à ces fonds », a précisé l'officiel. Un appel à la structuration d'un secteur où la salubrité et l'hygiène restent le plus grand défi. Cette rencontre a présenté une administration qui tente de poser des règles claires dans un secteur complexe. Comment se fait l'application de ces textes sur le terrain ?

 

 

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